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Soir de bal chez Duke

janvier
12
par dans Général

Soir de bal chez Duke

(En reprise)

Faut que j’vous raconte mon dernier rêve.

En cette chaude soirée de l’été 1968, nous sommes une bonne centaine à faire la fête dans la vieille épicerie de Duke Doucet au coin de la Saint-Georges et de la 2e avenue. Bière et vin coulent à flots. Y’en a même quelques-uns qui tirent un joint en cachette. Croyez-moi, cette nouvelle mode ne sera que passagère!

Le vieux Duke est connu partout dans les Cantons et ailleurs en province. Durant sa jeunesse, il a joué au hockey au Nouveau-Brunswick avant d’aboutir à Windsor Mills où il a donné ses derniers coups de patin sous les ordres de Dallas Grant. Au milieu de la trentaine, il a succédé à M. Grant comme entraîneur des Paper Makers, ennemis jurés des «méchants» Météors d’Asbestos.

Plus tard, l’homme s’est fait connaître avec son cigare et ses histoires salées dans les tournois de golf et les bonspiels de curling. Son épicerie roule à plein régime pour une seule raison: il vend presque uniquement de la bière. C’est moins compliqué, pis ça rapporte autant de salade.

Carmen Juneau s'enflamme quand elle chante «Curé, ma femme est morte!»

Carmen Juneau s’enflamme quand elle chante «Curé, ma femme est morte!»

Au sous-sol, Duke a créé une taverne clandestine pour ceux qui veulent en caler une ou deux avant de rentrer à la maison. C’est là, semble-t-il, qu’on règle les «vraies affaires». Lorsque la police intervient parce qu’une femme enragée a porté plainte, Duke ferme son bar durant quelques jours, puis ça recommence de plus belle.

En avant la musique!

Toujours est-il que l’orchestre de Lucien Côté s’installe pour jouer les plus grands hits des années 50. Armand Juneau, tiré à quatre épingles, souhaite la bienvenue aux invités avant d’ouvrir la danse avec sa belle Carmen. Le diable est aux vaches. On se croirait au Roadside Pavillion le samedi soir, mais sans les lustres au plafond.

Tout le monde a le coeur en fête, sauf qu’on se demande combien de temps il faudra encore avant que se règle le long conflit de travail qui paralyse la DOMTAR. Marcel Pépin, grand manitou de la CSN, est venu faire son tour cette semaine, mais ça n’a rien changé à la situation. Le fonds de grève semble inépuisable et les deux clans restent campés sur leurs positions. On n’est pas près de régler.

Sur le coup de 21 heures, de la grande visite: Lévis Bouliane, Ti-Gars Plante, Soeur Edna et Ti-Blanc Richard. Nous voici entraînés dans une sorte de Jam Session. Il ne manque que Louis Bilodeau, parti enregistrer une autre émission de Soirée Canadienne, mais Armand se chargera de présenter les différents artistes invités.

Quelques Molson derrière la cravate, Irénée Pelletier se présente au micro pour entonner les «Quatre Blanchisseuses». Il y met tout son coeur et embarque la paroisse dans sa folie: Lewis Craig, Adrien Péloquin, Aimé Daniels, Clément Théberge, Marcel Tremblay, Jos Ayotte, Philippe Bourque, Maurice Bachand, Terry Pye, les frères Houghton, Ti-Mé Duval, alouette. Tout le monde chante avec lui. Même Ernie Dunn, Earl Kendall, Fly Talbot, Ben Lapierre, Jean-Paul Dumas, le notaire Adam, John Butler, Gérald Pélissier, Maurice Healy, Roger, Paul et Théoval Rousseau, Ti-Nou Saint-Laurent, Willie Bibeau, le curé Lemay, l’abbé Bisson et pis j’en passe.

L'ancienne épicerie de Duke Doucet au coin de la 2e avenue et de la rue Saint-Georges. (Photo de Richer Talbot)

L’ancienne épicerie de Duke Doucet au coin de la 2e avenue et de la rue Saint-Georges. (Photo de Richer Talbot)

«Ah, c’était quatre blanchisseuses qui blanchissaient leurs blancs jupons, leurs blancs jupons…Dans cette vie, dans cette vie, vous trouverez… à chaque pas qui vous mène au tombeau, mène au tombeau…Partons gaiement, dansons gaiement dans un carreau!»

Deux minutes plus tard, Carmen s’empare du micro pour interpréter son grand succès «Curé, ma femme est morte».

«C’est elle qui mettait de l’eau dans ma boisson, la gueuse est morte. Elle mettra plus de l’eau dans ma boisson, que l’diable l’emporte!»

Tonnerre d’applaudissements. «La traite pour tout le monde!», lance le propriétaire des lieux en faisant valser sa Gisèle.

Voici maintenant qu’arrivent Jules Déry, Lucien Bureau et Yvan Bérard, un verre à la main, pour nous vanter les vertus du cognac, du vin nouveau et des pommes de terre. Ils sont suivis par Ken Tremblay et son tube «Y’a toujours un côté du mur à l’ombre». Un vrai crooner! On pourrait entendre voler une mouche dans la vieille épicerie.

Et pis v’là-ti-pas mon Stririlou qui arrive de Richmond rien que sur une patte pour interpréter sa «Jolie Barbière». J’attends patiemment mon tour pour en pousser une, mais Armand ne m’invite pas au micro. Pas toujours facile, la vie d’artiste!

En fin de soirée, Roland (Wild Kid) Caron, ramonneur de son métier et chanteur de charme pour le plus grand plaisir de ces dames, vient nous raconter ses aventures rocambolesques avec Rex, son chien fidèle. Chahuté par quelques-uns, il déclare solennellement: «La pluie de vos injures n’atteint pas le parapluie de mon indifférence!»

Parfois, je passe en auto devant l’ancienne épicerie. Transformée en Subway, elle a perdu son charme. Duke n’est plus là, ses amis non plus, mais les souvenirs sont bien vivants dans ma tête. C’est précieux, les souvenirs. Je dirais même que ça n’a pas de prix.

«Jolie barbière à sa fenêtre, me dit «Monsieur, que voulez-vous?» Je voudrais me faire faire la barbe, jolie barbière, me la feriez-vous? Entrez, entrez, joli jeune homme, tous mes rasoirs sont prêts pour vous… Pendant qu’elle me faisait la barbe, j’ai changé trois fois de couleur… Ce sont mes rasoirs qui vous blessent?, Oh non mam’zelle, ce sont vos amours!»

Excusez-la, pis BONNE ANNÉE tout le monde!

SORTEZ LES CORNEMUSES: Victoire du Canadien à Ottawa sur un but d’ILY KOVALCHUK en prolongation…. Les Bruins battent les Islanders 3-2 sur un but de PATRICE BERGERON en surtemps…. Tampa blanchit les Flyers 1-0 avec Vasilevskiy devant le filet…. Les Devils surprennent les Capitals 5-1. Deux buts pour le rapide NICO HISCHIER… Calgary dispose des Oilers 4-3 sur un filet d’ELIAS LINDHOLM… Columbus blanchit Vegas 3-0 avec un certain MERZLIKINS devant le filet. Un 15e but pour PIERRE-LUC DUBOIS.

ÉPHÉMÉRIDES: En 1969, JOE NAMATH mène les Jets de New York à une victoire de 16-7 sur Baltimore dans le Super Bowl III…. En 1983, BROOKS ROBINSON entre au Panthéon du baseball avec JUAN MARICHAL…. En 2006, les Rangers retirent le numéro 11 de MARK MESSIER… En 2009, RICKEY HENDERSON et JIM RICE entrent parmi les immortels du baseball.

ANNIVERSAIRES du 12 janvier

  • CLAUDE GIROUX, capitaine des Flyers, 32 ans.
  • MARIAN HOSSA, ancien des Sénateurs et des Blackhawks, 41 ans.
  • JOCELYN THIBAULT, d.g. du Phoenix de Sherbrooke, 45 ans.

    Jocelyn Thibault rêve de voir le Phoenix en finale de la LHJMQ.

  • MARIO LECLERC, journaliste à la retraite, 63 ans.
  • GILLES TRÉPANIER, retraité de la Brasserie Molson, 70 ans.
  • CHRISTIAN DESCHÊNES, grand manitou des Éperviers de Sorel.
  • GUY BUREAU, le Gene Kelly de Saint-Jean-sur-Richelieu, trois fois 20 ans.
  • BILL MADLOCK, ancien des Cubs, 69 ans.
  • RONALD KING, ex-journaliste de La Presse, 67 ans.
  • BEN COURCHESNE, sportif de Drummondville, 78 ans.
  • DONTRELLE WILLIS, ex-lanceur des Marlins, 38 ans.
  • JOHN WALKER, champion d’athlétisme, 68 ans.
  • MICHEL LAPENSÉE, artiste peintre.
  • MIKE MARSHALL, ex-voltigeur des Dodgers, 60 ans.
  • CURT FRASER, ancien des Canucks, 62 ans.
  • IVAN NOVA, ex-lanceur des Yankees, 33 ans.

    Christian Deschênes mène la barque des Éperviers de Sorel.

  • PIERRE PAGÉ, animateur de radio.
  • BILL ROSS, d’Asbestos, 69 ans.
  • CASEY CANDAELE, ancien des Expos, 59 ans.
  • NICOLAI BORCHEVSKY, ancien des Maple Leafs, 55 ans.
  • JENNY BROUSSEAU, de Sorel-Tracy.
  • GUILLAUME LUSSIER, bijoutier de Windsor.
  • DREW PEARSON, ancien des Cowboys de Dallas, 69 ans.
  • ULF DAHLEN, ancien des Capitals, 53 ans.
  • ALEX WOOD, des Reds de Cincinnati, 29 ans.
  • JEAN-SÉBASTIEN LACROIX, des JSH.
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